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Le nouveau paysage de la recherche française pour affronter les défis des sciences de la vie et de la santé : rencontre avec André Syrota, président -directeur général de l'Inserm
Le nouveau paysage de la recherche française pour affronter les défis des sciences de la vie et de la santé : rencontre avec André Syrota, président -directeur général de l'Inserm
Début avril 2009 était créée l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan), avec à sa présidence le professeur André Syrota, président-directeur général de l’Inserm. L’objectif, comme l’a rappelé le vice-président de l’Académie des technologies Bruno Revellin-Falcoz dans son discours d’accueil d’André Syrota, était de rendre la recherche biomédicale française plus visible et réactive, tant au plan national qu’international. Le 9 juin, ce dernier était précisément invité à évoquer devant les académiciens « Le nouveau paysage de la recherche française pour affronter les défis des sciences de la vie et de la santé ».
André Syrota commence par faire le point sur quelques éléments de contexte ayant conduit à la création d’Aviesan et sur lesquels se fondent les projets à venir. Premier constat : le bon niveau de la recherche française dans les organismes de recherche, tant au plan fondamental que dans le secteur biomédical, si l’on en juge par les indices d’impact des publications de l’Inserm, du CNRS ou de l’Institut Pasteur. Le deuxième constat concerne la recherche universitaire. A cet égard, le diagnostic doit être nuancé, pour des raisons historiques et en particulier du fait du trop grand nombre d’établissements (83 universités sur le territoire national). Or la moitié des moyens de l’Inserm (mais aussi du CNRS) sont distribués dans cinq d’entre eux seulement (quatre universités parisiennes et Aix-Marseille 2), tandis que 80 % de l’Inserm est réparti dans douze universités, les mêmes qui bénéficient par ailleurs de l’initiative des campus lancée dernièrement par le ministère et qui abritent les CHU d’excellence. Dernière observation : « Le monde entier nous envie nos centres d’investigation clinique, qui sont en train de faire école en Chine, en Inde… ».
Autre élément du paysage, les quatre recommandations faites par le comité international de haut niveau qui a procédé à l’évaluation de la stratégie de l’Inserm. Selon ce comité « la France devrait unifier son système de recherche dans les sciences de la vie et de la santé ; il devrait créer un institut unique dans ce domaine ; il serait nécessaire de revoir le statut des chercheurs et notamment réévaluer leur salaire ; enfin une période de transition sera nécessaire pour la mise en place de ces réformes ». Enfin, dans le cadre de la stratégie nationale pour la recherche et l’innovation, il est clairement demandé de renforcer les interfaces publics privés et de placer l’Europe au cœur du processus.
Qu’est-ce qu’Aviesan ? L’Alliance n’a pas de statut en soi mais regroupe dix instituts thématiques multi-organismes (ITMO) qui couvrent l’ensemble des champs des sciences de la vie et de la santé. Parmi les premiers résultats très positifs, souligne André Syrota, il faut signaler la formidable simplification des partenariats avec l’industrie : un interlocuteur unique se substitue désormais à la multiplicité des interlocuteurs (CNRS, Inserm, universités…), ce qui change tout pour un industriel. Un comité stratégique des industries de santé s’est en outre tenu à l’Elysée en octobre 2009 afin d’élaborer un certain nombre de résolutions pour l’avenir, en particulier l’ouverture aux industriels des bases de données épidémiologiques de la CNAM.
Pour le futur, il s’agit d’être le plus réactif possible aux avancées des sciences de la vie, à l’heure de révolutions conceptuelles profondes et du développement de la « biologie lourde ». Parmi les grands enjeux, la médecine dite personnalisée, sachant que l’on pourra bientôt accéder au génome individuel. Mais, insiste André Syrota, il faudra tenir compte de la sensibilité du public désormais instantanément au courant de l’actualité scientifique. Un sujet dont la représentation nationale, entre autre à travers l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) à décider de se saisir.« Le rôle d’Aviesan sera précisément d’identifier les grands enjeux du futur, avec toutes leurs conséquences sur la société, de mettre en place les moyens nécessaires pour les chercheurs, y compris en faisant revenir des chercheurs de l’étranger par des propositions attractives, de s’intéresser à l’espace européen de la recherche, etc. », souligne André Syrota.
En matière de partenariat public-privé, l’idée est de faire émerger des projets technologiques structurants au niveau des dix ITMO. Exemple déjà mis en œuvre : un projet de système de stimulation rétinienne avec des implants à base de diamants. Enfin, une nouvelle structure, Covalliance (émanation de l’Alliance), gérera les questions de propriété intellectuelle inter-organismes, entre autres. En conclusion, André Syrota cite quelques uns des propos du Président de la République, lors de la réunion du 4 juin 2010, qui resituent bien l’ambition d’Aviesan, en particulier : « L’Alliance a vocation à jouer, à la manière de l’Institut national de la santé aux Etats-Unis, un rôle central dans le pilotage de la recherche […] ».






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