Conférences
2006
"Les TIC dans l’Europe de la recherche et de l’innovation, vecteurs du développement économique ? "
avec Viviane Reding, Commissaire européenne chargée de la Société de l’information et Média
Si les Technologies de l’information et de la communication (TIC) occupent de l’ordre de 30% dans les investissements de recherche dans certains pays, ce pourcentage n’excède pas 18 % en Europe. C’est insuffisant, a insisté Viviane Reding, invitée par l’Académie des Technologies le 9 février 2006. Le thème de cette rencontre : « Les TIC dans l’Europe de la recherche et de l’innovation, vecteurs du développement économique ? ». Dans un style incisif, la Commissaire européenne, en charge de la Société de l’information et des médias, s’est employée à décliner les différents points forts de sa stratégie, à l’heure où la Commission place les TIC au rang de priorité numéro un.
« Ces technologies dopent l’innovation, la créativité et la compétitivité dans tous les domaines », a martelé Viviane Reding : en Europe, elles représentent 6 % du PIB, mais contribuent à 25 % de notre richesse et à plus de 40 % des gains de productivité (contre 60 % aux Etats-Unis). Mais sans recherche, pas d’innovation : « Nos succès d’aujourd’hui (télécommunications, informatique embarquée, micro-systèmes, nano-électonique, …) sont le fruit des recherches menées dans les années 1980 ». C’est là que le bât blesse, le temps de la recherche ne coïncidant guère avec les calendriers politiques. La création d’un espace commun de recherche et d’innovation constitue donc l’un des trois piliers sur lesquels la Commissaire européenne a construit son plan d’action « i2010 ». Les deux autres concernent la création d’un espace de l’information (en s’appuyant notamment sur les régulateurs télécoms et les régulateurs audiovisuels) et les actions d’encouragement à la production industrielle.
Mais comment composer avec une prévision de budget 2007 en baisse par rapport à celui de 2006 ? « Dans un tel contexte, je suis contrainte de travailler plus étroitement avec l’industrie et de donner la priorité à la valeur ajoutée », commente Viviane Reding. Pour la sélection des plus de 740 projets de recherche sur les TIC lancés dans le cadre du 6ème PCRD, la stratégie a consisté à privilégier de grands projets intégrés et les réseaux d’excellence : « L’Europe n’a pas besoin de reproduire ce qui se fait très bien au niveau national, elle doit ouvrir des plates-formes qui permettent aux meilleurs de travailler ensemble ». Trois grands objectifs pour ces projets : renforcer les atouts industriels de l’Europe (micro-électronique, communication mobile, micro-systèmes, audiovisuel, …), répondre aux besoins émergents (systèmes embarqués, interfaces utilisateurs, …), assurer la co-évolution de la technologie et des applications (domaine médical, transports, …).
Au-delà des enjeux technologiques et industriels, Viviane Reding n’a pas manqué de souligner la philosophie qui guidait sa politique : « Les technologies ne sont pas intéressantes en tant que telles, il faut s’assurer qu’elles soient au service de l’homme ». Une préoccupation en parfaite résonance avec celles de l’Académie des Technologies, comme l’a souligné son Président François Guinot., qui s’est félicité de la présence, pour la première fois dans ces Rencontres, d’un membre de la Commission. « Notre Académie peut vous aider à faire passer un certain nombre de messages et à faire partager vos convictions », a-t-il ajouté.
D. Chouchan



2009
" Innovation, mondialisation, patriotisme économique"
















