Rencontres
"L'innovation technologique au service de la mobilité"
"L'innovation technologique au service de la mobilité"
avec Anne-Marie Idrac, Présidente-Directrice générale de la RATP
Certains avaient présagé, il y a une quinzaine d’années, qu’avec l’explosion des nouvelles techniques de communication (web, e-mail, réalité virtuelle, satellites de télécommunication…), les besoins en déplacements s’amenuiseraient (télétravail, vidéoconférences, travail collaboratif à distance…). Non seulement l’inverse s’est produit, mais sur la question de la mobilité et de sa facilitation s’entrecroisent des problématiques extrêmement diverses, tant technologiques et économiques que sociales et culturelles. Le 5 avril 2006, c’est bien autour de cette fascinante croisée de chemins que Anne-Marie Idrac a articulé son intervention. La Présidente Directrice générale de la RATP répondait à l’invitation de l’Académie des Technologies sur le thème de « L’innovation technologique au service de la qualité ».
La RATP (44 000 salariés) transporte 9,5 millions de personnes par jour. Quelque 2,8 milliards de Franciliens par an « choisissent » donc les services qu’elle offre. Mais pour que ce choix se maintienne et surtout que la demande s’accroisse, il faut garantir aux voyageurs le maximum de sécurité et un service de plus en plus personnalisé. « Dans notre plan d’entreprise 2004-2007, nous définissons notre label de service par les mots “fiable, facile et attentionné” », souligne Anne-Marie Idrac. L’objectif de la RATP est de fournir un service à haute valeur ajoutée, d’autant qu’à très court terme la régie devra aussi affronter la forte concurrence d’autres entreprises de transport.
La fiabilité est liée aux systèmes de contrôle-commande et de régulation. Exemples de programmes en cours : l’automatisation de la plus ancienne ligne de métro (la ligne 1) et la mise en œuvre du nouveau système de contrôle-commande (Ouragan) sur la ligne 13 (l’intervalle entre deux métros y passera de 105 s à 90 s d’ici 2007-2008). La fiabilité tient également aux systèmes de vidéosurveillance, secteur sur lequel la RATP est en pointe au plan international. La facilité concerne entre autres les modes d’accès au réseau de bus et de métros (cartes et abonnements divers). Quant à la notion de service attentionné, elle inclut la continuité de service (notamment en cas de conflit, un problème réglé par Anne-Marie Idrac avant la loi), l’information en temps réel des voyageurs, l’amélioration de l’accès aux personnes à mobilité réduite, la bonne gestion du trafic en fonction des « plateaux » de pointe, la possibilité donnée aux voyageurs de mettre à profit leur temps de transport (utilisation du GPS, du Wifi…)…
Autant d’objectifs pour lesquels la gestion du temps joue un rôle clé, et plus précisément la gestion d’échelles de temps très hétérogènes. Il y a d’un côté les attentes des voyageurs, d’une optimisation rapide de la qualité et du temps de transport, et de l’autre les contraintes de temps inhérentes aux processus d’innovations technologiques censées répondre à ces attentes : « Même si mon nom restera attaché au lancement de l’automatisation de la ligne 1, cette première mondiale ne sera réalisée qu’après la fin de mon mandat », indique par exemple Anne-Marie Idrac. La question du temps est également au cœur de la problématique des ressources humaines (évolution des métiers, formation, anticipation de la vague prochaine des départs à la retraite…). Enfin, toute perte de temps est susceptible d’hypothéquer l’avenir de l’entreprise, dans un contexte éminemment concurrentiel (concurrence d’autres modes de transport, concurrence d’autres entreprises).
Bien d’autres innovations technologiques figurent au rang de priorités pour la RATP, comme celles sur les motorisations et les alternatives possibles aux combustibles fossiles. « Notre positionnement stratégique est mutatis mutandis, à l’échelle d’une entreprise, celui du processus de Lisbonne à l’échelle d’un continent », résume Anne-Marie Idrac. Un commentaire que François Guinot, dans son allocution d’ouverture, est loin d’avoir contesté : « Dès votre nomination en 2002, vous avez affiché votre ambition de faire de la RATP une entreprise réactive, exemplaire et compétitive dans le cadre du développement durable », rappelle-t-il : « La RATP ne serait-elle pas en train de devenir, sous votre direction, un modèle dans le secteur public ? ».
D. Chouchan



2009
" Innovation, mondialisation, patriotisme économique"
















