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Le développement de la région capitale

Le développement de la région capitale

08/07/2008

Accueillant Christian Blanc, secrétaire d’Etat chargé du développement de la Région Capitale depuis mars 2008, le président de l’Académie des technologies François Guinot salue en lui « l’homme de conviction et de courage ». Il rappelle notamment les succès unanimement reconnus de ce haut fonctionnaire lorsqu’il a dirigé de grandes entreprises telles que la RATP, Air France…, mais aussi son itinéraire dans le monde politique : plusieurs fois élu député, il a été chargé de diverses missions ministérielles. On lui doit notamment l’idée des pôles de compétitivité, a également souligné François Guinot. Elle figurait en bonne place parmi ses recommandations, au terme de la mission sur le développement économique dont l’avait chargé Jean-Pierre Raffarin.

L’invitation de l’Académie des technologies, le 8 juillet 2008, lui donne l’occasion de sa première prise de parole publique, depuis son entrée en fonction, sur sa vision du développement de la Région Capitale. Les enjeux sont de portée nationale : cette région concentre en effet à elle seule quelque 30 % du PIB de la France. « On ne s’était pas interrogé sur son évolution et son devenir depuis l’époque du Général De Gaulle », souligne Christian Blanc. Pas moins de quatre décennies pendant lesquelles aucune réflexion n’a été menée pour repenser ce territoire, que ce soit au plan économique, culturel ou social. Désormais il y a urgence : depuis une quinzaine d’années, insiste-t-il, on y enregistre une très nette perte de vitalité et de dynamisme, qui se matérialise notamment par un taux de croissance très faible au regard de celui des grandes métropoles des nations industrialisées. D’où la nécessité de « poser les bases structurelles d’une reprise de croissance ».

Rien ne s’oppose d’ailleurs à une telle reprise : « Nous avons tous les potentiels, il reste à les exploiter », ajoute Christian Blanc, qui évoque par exemple les quasi no man’s land entre les deux aéroports (Orly, Charles de Gaulle) et Paris, alors que dans la plupart des pays, les activités économiques se développent tout naturellement dans ces zones. Parmi les territoires à fort potentiel : le Nord et le Sud de Paris. Le cas du plateau de Saclay est emblématique.

Certes les universités et les Grandes Ecoles ont commencé à prendre conscience du nouveau contexte international et notamment de l’entrée en scène rapide des pays émergents (dans la seule ville de Madras, 70 000 ingénieurs sont formés chaque année). Mais l’écart est encore trop grand entre recherche académique et exigences du marché, ajoute-t-il : les instituts de technologie ont un rôle clé à jouer dans le développement économique.

Dans la configuration actuelle, « même avec les plus grands chercheurs du monde, nous n’aurions pas de développement économique, et ces chercheurs finiraient par partir », souligne-t-il. Quant à la question, posée par l’assistance, de savoir s’il n’y avait pas contradiction entre sa vision de la Région Capitale et l’idée d’un rééquilibrage Paris-Province, Christian Blanc en profite pour rappeler que nous ne connaîtrions pas un tel marasme depuis vingt ans si le projet de régionalisation proposé par De Gaulle en 1969 n’avait pas été refusé. Mais en l’état actuel des choses, Paris a encore une fonction motrice incontestable pour le reste de la France.

D. Chouchan