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Quels financements pour le développement durable ?

Quels financements pour le développement durable ?

11/06/2008

François Guinot, se félicite de cette rencontre entre les membres de l’Académie des technologies et le président du Conseil d’analyse économique (CAE).

Quels financements pour un développement durable ? Pour aborder cette question, nul n’est mieux placé que Christian De Boissieu, dont on connaît les nombreuses responsabilités présentes et passées au sein ou auprès d’institutions bancaires et financières (nationales et internationales), mais aussi l’implication dans divers comités ou commissions ad hoc (comme récemment dans la Commission Attali). Christian de Boissieu a également présidé le groupe de réflexion « Facteur 4 » dont le rapport a été remis en juillet 2006.

Que va-t-il falloir financer et qui doit y contribuer ? En réponse à la première question, Christian de Boissieu dresse un bref tableau des problèmes auxquels chacun sait que le monde se trouve désormais confronté : assurer la transition énergétique (sobriété énergétique, énergies nouvelles…), développer des moyens de lutte contre les changements climatiques…, autant d’aspects où la R&D a un rôle majeur à jouer.

En matière de financement, un certain nombre d’outils existent d’ores et déjà. Il souligne par exemple le caractère plutôt satisfaisant de l’application du principe pollueur/payeur via les quotas d’émission, notamment en Europe : « l’Union européenne totalise quelque 80 % du volume des transactions au plan mondial (évalué à environ 64 milliards de $ en 2007) », précise Christian de Boissieu, ce qui la place au premier rang sur ce marché. D’autres initiatives se mettent en place, ajoute-t-il, comme les fonds carbone : par exemple le Fonds carbone pour l’après-2012, annoncé en 2007 par la Banque européenne d’investissement (BEI) et dont la dotation est d’un peu plus de 100 millions d’euros. Des ressources peuvent en outre provenir des marchés financiers ou encore des banques de dépôt (le livret développement durable en fournit un exemple).

Mais surtout, souligne le président du Conseil d’analyse économique, il est urgent de convaincre les investisseurs, qui privilégient généralement l’immobilier, le pétrole ou les denrées alimentaires, que le développement durable est une valeur d’avenir. Enfin, il ne manque pas d’insister sur la nécessité d’investir massivement dans la recherche et dans l’innovation.

D. Chouchan