Rencontres
Rencontre avec Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des transports
Rencontre avec Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des transports
"Les grands enjeux des transports de demain"
Autour de la question des transports se joue tout un ensemble de choix économiques et environnementaux mais aussi de choix de société (mobilité, aménagement du territoire, urbanisation…). Les enjeux sont si importants que nul n’était mieux placé que Dominique Bussereau pour s’exprimer sur cette question, comme l’a souligné Alain Pompidou, président de l’Académie des technologies. Invité à une rencontre avec
les académiciens le 25 mars 2009, le secrétaire d’Etat chargé des Transports jouit en effet d’une longue expérience en la matière, tant au plan industriel que politique, et c’est à lui que l’on doit la création en 1995 de l’association Avenir Transport, à la fois lieu de débats, de documentation et de recherche.
En guise de préalable, Dominique Bussereau n’a pas manqué de rappeler l’impact considérable de la crise économique sur un secteur déjà fragilisé par la crise énergétique doublée d’une crise écologique : « La pire des choses serait l’immobilisme ». Il faut accélérer la modernisation des transports et notamment investir dans les infrastructures, a-t-il ajouté, une idée que le ministre a notamment illustrée au travers de deux exemples : le secteur portuaire et celui du ferroviaire. Le constat est dans les deux cas accablant. Les parts de marché des ports français n’ont en effet cessé de se dégrader depuis une vingtaine d’années, alors que le trafic mondial augmente. Quant au ferroviaire, il souffre d’une faiblesse croissante en ce qui
concerne le transport de fret.
Parmi les ambitions : mettre en œuvre, dans les grands ports français, des opérateurs ferroviaires de proximité, à l’instar de ce qui existe déjà en Allemagne ou aux Etats-Unis, et, plus globalement, rétablir la compétitivité du fret fluvial et du fret ferroviaire en provenance des ports. Un objectif corollaire est de rendre le fret ferroviaire compétitif, alors que celui-ci n’a quasiment pas évolué depuis une quarantaine d’années : « C’est sans doute l’un des paris les plus difficiles à relever parmi ceux identifiés lors du Grenelle de l’environnement », a indiqué Dominique Bussereau. Une autorité de régulation des activités ferroviaires aura pour charge de veiller sur la gestion des sillons et de faire respecter des bonnes pratiques de concurrence. La SNCF doit parallèlement établir un nouveau projet pour le fret, eu égard aux opportunités de report modal. « Nous espérons que la concurrence permettra, après la crise, de redémarrer un fret ferroviaire de meilleure qualité », a ajouté le ministre.
D’une manière générale, les aspects sur lesquels il faut agir sont multiples et la tâche est immense : meilleure utilisation des sillons (répartition entre transport de voyageurs, fret…), tarification adaptée, rénovation des infrastructures dégradées ou insuffisantes (comme en Ile-de-France), modes d’exploitation… Lors du Grenelle de l’environnement, a également rappelé Dominique Bussereau, il a été
prévu de poursuivre la ligne TGV Paris-Tours-Bordeaux, puis de réaliser la liaison Bordeaux-Toulouse et enfin celle vers l’Espagne pour se raccorder au TGV hispanique en construction dans le Pays Basque. Les autres projets de lignes grande vitesse concernent la desserte de l’Ouest (Rennes, avec bretelle vers Angers et Nantes), celle du Sud-Est (Narbonne, Montpellier, Perpignan…), la poursuite de la ligne Rhin-Rhône…
Autant de projets qui demandent des efforts financiers considérables aux collectivités territoriales, en sus de ceux de l’Etat, d’autant que … tout doit être réalisé avant 2020 ! Mais les efforts devront autant concerner la levée des conflits d’intérêt et la résolution de certains blocages sociaux, une dimension que divers académiciens de l’assistance ont pour leur part soulignée et que le ministre a confirmée.
D. Chouchan



2009
rencontre avec Laurent Collet-Billon
















