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Rencontre avec Jean-Martin Folz : Les crises vont-elles accélérer les mutations technologiques dans l'automobile ?
Rencontre avec Jean-Martin Folz : Les crises vont-elles accélérer les mutations technologiques dans l'automobile ?
Les crises vont-elles accélérer les mutations technologiques dans l’automobile ? Question ambitieuse s’il en est que François Guinot, président de l’Académie des technologies, prolonge en évoquant la nécessité éventuelle d’une rupture technologique. C’est à cette question que Jean-Martin Folz a été invité à répondre, lors de la rencontre avec les académiciens organisée le 10 décembre 2008.
François Guinot, dans son allocution d’accueil, en profite pour saluer la multiplicité des compétences de cet ancien président directeur général de PSA Peugeot-Citroën, aujourd’hui président de l’Association française des entreprises privées : « compétences scientifiques et techniques, compétences de stratège, compétences de gestionnaire, compétences de négociateur, mais aussi compétences et talent exceptionnel en matière de relations humaines… ».
En guise d’introduction, Jean-Martin Folz rappelle le contexte dans lequel s’inscrit l’avenir de l’industrie automobile : crise économique et financière, crise environnementale (changements climatiques), crise énergétique (raréfaction des ressources en hydrocarbures fossiles). Les impacts sur cette industrie concernent bien sûr la demande de transport en général, la demande de transport individuel versus collectif et le choix du moyen de l’automobile parmi d’autres moyens de transport individuel. « Pour ma part, je suis convaincu que l’automobile a encore une longue vie devant elle, mais elle devra être moins cher et consommer moins », souligne Jean-Martin Folz. Quelques chiffres : le parc automobile mondial d’aujourd’hui, ce sont environ 700 millions de véhicules, avec une perspective de forte croissance dans les prochaines années compte tenu de la demande dans les pays émergents.
Au plan technologique, l’automobile actuelle n’est guère différente dans son principe de base de ce qu’elle était au début du XXe siècle, souligne par ailleurs l’ancien PDG de PSA : il s’agit, très schématiquement, d’un convertisseur d’une énergie stockée à bord en énergie mécanique. Son évolution impose alors de répondre à trois grandes questions : quels sont les besoins en énergie mécanique d’un véhicule ? Quel convertisseur choisir ? Quel type de stockage d’énergie embarquer à bord de la voiture ? En termes de convertisseur, deux voies ont toujours été en concurrence, l’une utilisant un moteur thermique, l’autre un moteur électrique. Le moteur à explosion a toutefois gagné au début du XXe siècle, en dépit de ses deux graves défauts (faible rendement et émission de gaz polluants ou à effet de serre), et ce pour une raison simple : le problème du stockage à bord de l’énergie électrique n’a jamais été résolu et, pour l’instant, la piste des piles à combustible reste très hypothétique.
Quelles sont à ce jour les solutions disponibles ? L’adoption du moteur électrique suppose donc de régler le problème du stockage, mais aussi celui du temps de rechargement des batteries (aujourd’hui encore rédhibitoire). La voie d’innovation la plus probable se situe au niveau des voitures hybrides rechargeables (à la fois par le moteur thermique et sur secteur), indique Jean-Martin Folz.
« Mais le moteur à combustion interne et à carburant liquide me paraît encore avoir des atouts colossaux. Sauf révolution dans le stockage d’énergie électrochimique, je ne vois pas se profiler de mutation dans le court ou moyen terme. Je reste persuadé que l’essentiel des voitures fonctionneront encore demain et après-demain avec un moteur thermique (éventuellement associé à un moteur électrique dans un véhicule hybride) alimenté en hydrocarbures liquides».
Les évolutions devraient donc se poursuivre dans le domaine des économies d’énergie, de réduction du poids de la voiture, la sécurité, la fiabilité, etc., mais pas de vraie rupture technologique dans un avenir proche.
D. Chouchan





Hubert du MESNIL, Président de Réseau Ferré de France

