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Biotechnologies et environnement. Ed. Le Manucrit : avril 2010

08/06/2010

Les biotechnologies tirent partie des propriétés des microorganismes, des cellules animales et végétales, et des constituants cellulaires, notamment des enzymes, pour créer de nouveaux produits, de nouvelles méthodes de production ou de nouveaux services.

Elles sont souvent associées aux seuls organismes génétiquement modifiés (OGM) et ont de ce fait une image globalement négative.
Face à la difficile appréhension des risques et au rejet des technologies qui s’appuient sur ce qui apparaît comme une instrumentalisation du « vivant », il n’est pas facile de redonner confiance aux usagers dans les avancées des technologies
dérivant des sciences de la vie.

Et pourtant les biotechnologies sont à l’oeuvre dans notre vie quotidienne. Depuis toujours, avec des produits aussi usuels que la bière, le vin ou le pain. Plus récemment, avec les possibilités qu’elles offrent dans des secteurs aussi divers que la santé, l’agriculture, l’alimentation, l’industrie chimique, la production d’énergie renouvelable et le traitement des déchets.
Bien loin d’exercer des effets négatifs sur l’environnement, les biotechnologies sont l’un des nombreux atouts des entreprises pour assurer un développement respectueux de l’environnement.

Sans chercher à faire un plaidoyer pro domo en faveur des biotechnologies, et en se limitant aux seules retombées environnementales de leur mise en œuvre, les exemples rapportés dans cette communication à l’Académie des technologies  illustrent à quel point les biotechnologies peuvent avoir un impact favorable sur la préservation, voire la restauration, de notre environnement dans des domaines aussi divers que l’agriculture, le traitement des déchets et des eaux résiduaires, les industries de la santé et les industries chimiques.

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Longévité des supports numériques : les données que nous voulons garder vont-elles s'effacer ?

E. Spitz, J.C. Hourcade, F. Laloë | 09/04/2010

Pourquoi s'intéresser à la préservation à long terme de l’information numérique, alors que les capacités de stockage n'ont jamais été aussi vastes et bon marché ?

Cette question soulève un problème de plus en plus important : nos sociétés produisent des masses croissantes d'information, alors même que la durée de vie des supports numériques disponibles pour la conserver n'a jamais été aussi courte. Le stockage ou la sauvegarde à court terme ne soulèvent pas de question particulière, mais archiver de cette façon sur des décennies ou un siècle pose un tout autre problème, dans la mesure où les supports numériques n’ont qu’une durée de vie de 5 ou 10 ans environ.

L’évolution de ces supports étant difficile à prévoir, seul un suivi constant des données et leur migration perpétuelle permettront d’en assurer l’archivage, avec un coût d’organisation important.

Si ce problème est correctement abordé dans quelques organismes publics spécialisés, il est très largement ignoré du grand public ainsi que de la majorité des institutions ou entreprises. Une importante quantité d’informations personnelles, médicales, scientifiques, techniques, administratives, etc., est ainsi en réel danger de disparition.

Devant ce constat, l’Académie des sciences et l’Académie des technologies ont créé un groupe de travail commun, avec l'ambition de faire le point sur le sujet.

Le présent rapport se donne un périmètre précis en se concentrant sur la fraction de l’information qui garde sa valeur à long terme : documents soit personnels (souvenirs familiaux, données médicales, ...), soit publics (données scientifiques acquises lors d’expériences uniques, ...). Les stratégies possibles sont discutées et les différents supports de stockage utilisables sont passés en revue, avec une brève discussion de leurs qualités et limitations respectives. Le rapport évalue également la possible généralisation de la stratégie active à l’ensemble des besoins de la société. Enfin sont étudiés les disques optiques numériques enregistrables, pour lesquels une série de mesures alarmantes a été effectuée récemment. Les auteurs proposent quelques pistes qui pourraient conduire à des disques enregistrables de bien meilleure longévité et émettent quatre recommandations de nature à faire prendre conscience de ce problème général et des voies possibles pour le résoudre

Groupe de travail

Erich Spitz, Académie des sciences et Académie des technologies, Président du groupe de travail
Franck Laloë, CNRS / École normale supérieure, Rapporteur du groupe de travail Jean-Charles Hourcade, Académie des technologies

Table des matières (pdf 56 Ko)
Introduction (pdf 104 Ko)
Conclusion et recommandations (pdf 141 Ko)

Présentation à la presse le 29 mars 2010 (pdf 33 Ko)

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Efficacité énergétique dans les bâtiments

Commission urbanisme et habitat | 01/05/2009

Rapport de la Commission urbanisme et habitat - mai 2009

Recommandations

Le paysage bouge très rapidement tant en France qu’à l'étranger avec de très nombreuses réalisations et expérimentations qui conduisent à l'optimisme quant à la possibilité d'économies substantielles dans des équations économiques acceptables. Néanmoins, cet optimisme ne peut être justifié qu’avec la mise en oeuvre des recommandations suivantes :

1) à court et moyen terme, porter une très grande attention à la rénovation des bâtiments existants qui représentent 90 % des gisements d'économies d'énergie. En parallèle, mettre en place des réglementations contraignantes pour le neuf (50 kWh/m2xan) qui peuvent être facilement atteintes avec les technologies existantes ;

2) fixer et maintenir l'objectif de réduction d'un facteur quatre de la consommation d'énergie accessible à l'horizon 2040 avec des technologies connues. Elle doit constituer un objectif national.

3) la problématique énergie - bâtiments dépasse les seuls bâtiments et concerne également l'urbanisme et les transports. Il convient donc d'avoir une approche intégrée pour diminuer les consommations énergétiques liées au transport dans le bâti existant et des visions ambitieuses dans les développements urbains qui verront le jour dans les 15 années à venir pour loger l'accroissement de la population et les emplois qui se développeront de façon associée ;

4) ne pas invoquer la « non existence » de technologies pour justifier l'immobilisme : elles existent et ne constituent pas un goulet d'étranglement même si, par un effort de recherche continue, il convient de les faire progresser. Les isolants minces pour la rénovation et plus précisément pour l'isolation thermique par l'intérieur constituent la seule technologie manquante actuellement; des recherches prometteuses sont actuellement en cours en particulier en Allemagne ;

5) les goulets d'étranglement ont été mentionnés dans le rapport et les recommandations sont les suivantes :

En direction de la puissance publique :
Améliorer la formation initiale, tant dans les lycées professionnels que dans les lycées techniques, Remédier à l'incohérence de la politique de l'éducation le nombre de postes mis aux concours, en ouvrant à nouveau à des professionnels travaillant dans les entreprises la possibilité d'enseigner dans les établissements et en imposant une licence professionnelle liée aux matières qu'ils enseigneront aux futurs professeurs de lycées professionnels préparant les IUFM ;
Ouvrir l'enseignement des écoles d'architecture aux technologies de maîtrise d'énergie ;
En matière de formation initiale, ouvrir une réflexion sur l’intérêt qu’il y aurait à confier la maîtrise d'ouvrage (et donc le financement) au ministère technique concerné en laissant la seule maîtrise d'oeuvre à l'éducation nationale ou à l'enseignement privé, comme c'est le cas dans le domaine de l'agriculture et de l'agroalimentaire ;

En direction des entreprises et de leurs fédérations professionnelles :
identifier les nouveaux métiers associés à cette problématique et y développer rapidement une formation continue adaptée ;
encourager les fédérations de petites entreprises pour être en mesure de regrouper des compétences indispensables à une nouvelle approche « système » et faire des offres globales ;
accélérer l'industrialisation du bâtiment, qu'il s'agisse des logements ou du tertiaire, pour abaisser les coûts et anticiper le manque prévisible de main-d’oeuvre ; 
développer des filières industrielles allant du matériau jusqu'aux composants et systèmes et, éventuellement, jusqu'au bâtiment industrialisé dans des entreprises intégrées ;
développer les compétences des ingénieries et bureaux d'études, actuellement très insuffisantes dans ces domaines ;

 

6) créer quatre à cinq plates-formes technologiques du type « Fraunhofer-Institut » cogérées par le public et le privé associant sur un même site des fonctions d'expérimentation et de démonstration, de formation initiale et continue, de recherche et de développement ;

7) maintenir une attention particulière à la problématique globale de l'énergie qui sera de plus en plus importante au fur et à mesure que les consommations de chauffage diminueront ;

8) inclure dès maintenant des énergies nouvelles dans le neuf mais également dans la restauration ;

9) développer des études économiques prenant en compte différents aspects comme la valeur marchande des bâtiments à haute qualité énergétique, la réduction des coûts des investissements avec la croissance du marché, l'évolution du prix du CO2, les retours vers le Trésor public et les régimes sociaux des activités économiques associées, la balance des paiements etc. ; en particulier, ne pas relâcher l'effort lors d'une baisse des coûts de l'énergie qui ne peut être que temporaire ;

10) tant pour les entreprises que pour la puissance publique, s'inspirer en permanence de ce qui se fait de mieux à l'étranger dont les expériences diverses peuvent être précieuses dans un pays où les climats sont aussi différents lorsque l'on passe du nord-est à la Côte d'Azur ou au Pays basque.

Le transport des marchandises par la Commission mobilité et transports

12/02/2009

Le transport des marchandises

NOUVEAU! Freight Transportation summary also available in English 

 Rapport -février 2009-  

Introduction à la synthèse

Pour la majorité de nos concitoyens, le transport de fret va devoir affronter un nombre croissant de difficultés. Le prix des carburants, dont il est un grand consommateur, ira en croissant. Les externalités (ou nuisances) dont on le tient pour responsable augmenteront de leur côté. Et l’attitude de la société à son égard sera de plus en plus sévère.

Si l’on veut démêler le vrai du faux dans ce tableau aux couleurs assez sombres, il faut partir du principe que « le transport de fret n’est rien, c’est le système de transport qui est tout ». Ce système de transport est un maillon de la chaîne « production - transport - distribution » qui est à la base de nos économies. Chaîne qui couvre l’ensemble de la planète, et qui est inséparable du mouvement de mondialisation.

C’est le point de vue qu’a adopté l’Académie. Il ne s’applique au sens strict que pour le transport d’objets manufacturés (et beaucoup moins aux transports de vrac). Mais cette fraction du fret global représente aujourd’hui presque la moitié de l’ensemble : c’est elle qui croît de 8 % par an, alors que le reste est stable. C’est donc elle qu’il faut considérer. Une fois adopté ce point de vue, la plupart des diagnostics (ou des anticipations) que l’on avait tendance à formuler sont fortement infléchis :

-la chaîne de transport globale, de bout en bout, se révèle plus résiliente, plus adaptable aux changements qui caractérisent l’environnement et la société,
-son efficacité s’évalue à l’échelle globale, internationale, ce qui relativise beaucoup la « guerre entre les
modes (rail, route, voie d’eau) » que l’on avait tendance à privilégier, Le transport de marchandises
-elle donne une place très importante aux technologies de l’information, qui constituent ce que le rapport nomme une « deuxième main invisible » au service de l’économie.

L’étude prend en compte les tendances mondiales et européennes, afin d’éclairer le cas particulier de la France, et si besoin, effectue des comparaisons avec d’autres pays de l’Union européenne, afin de mieux comprendre les enjeux français.

 

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Le patient, les technologies et la médecine ambulatoire. Rapport de la Commission "Technologie et santé". 2008

Commission "Technologie et santé" | 13/04/2008

La médecine ambulatoire est un système de santé qui permet de maintenir le patient à domicile tout en le faisant bénéficier d’un ensemble d’actes et de soins comparables, en nombre et en qualité, à ceux qui pourraient être effectués à l’hôpital. Cette approche est aujourd’hui une nécessité, pour répondre à la fois aux souhaits des patients, aux exigences économiques et aux évolutions scientifiques, technologiques et médicales.

En effet, les comportements des patients se sont modifiés, de sorte que la plupart d’entre eux préfèrent éviter l’hospitalisation dans la mesure où une prise en charge médicale et des soins de qualité peuvent leur être proposés à domicile avec une sécurité équivalente. De plus, une proportion croissante de patients demande à exercer davantage de responsabilité dans la prisede décision concernant les soins requis par les affections dont ils souffrent. Cette évolution sociétale est confortée au plan médical par la mise en évidence que la participation active du patient à la prise en charge de sa maladie semble être un facteur positif pour sa qualité de vie voire sa survie. Par ailleurs, avec le poids croissant du vieillissement de la population conséquence de l’allongement de l’espérance de vie, les maladies chroniques et les incapacités prennent une part croissante sinon dominante dans le système de santé. Le développement de la médecine ambulatoire apparaît essentiel pour offrir des solutions médicales et technologiques adaptées qui répondent aux exigences économiques.

Ce développement est favorisé par l’évolution rapide des technologies au cours de ces dernières décennies. Leur adaptation au domaine médical rend désormais possible, hors hospitalisation, la réalisation d’actes médicaux ou de soins sophistiqués tels que l’enregistrement des fonctions biologiques pendant des durées prolongées, la transmission et l’analyse des informations ainsi recueillies, l’administration de traitements même « lourds », prolongés et complexes ou la détection précoce d’altérations du comportement.

Ces évolutions technologiques et sociétales accompagnent celles qui caractérisent les maladies elles-mêmes, ainsi que le soulignent plusieurs études épidémiologiques récentes. Alors que les affections aiguës constituaient la préoccupation principale en matière de santé au cours des précédentes décennies, les maladies chroniques représentent désormais les principales causes de morbidité et de mortalité dans le monde. En effet, la chronicité caractérise la plupart des maladies cardiaques, cérébrovasculaires ou neurodégénératives, les cancers, les insuffisances respiratoires ou rénales, le diabète et un grand nombre de maladies infectieuses. L’OMS estime qu’en 2005, les maladies chroniques sont responsables de 35 millions de morts dans le monde, soit 60 % du total des décès, toutes causes confondues. Les maladies chroniques touchent 90 millions de personnes aux États-Unis, soit un tiers de la population et affectent la même part de la population en France, soit presque 20 millions. L’hospitalisation constitue actuellement le cadre principal des soins pour les patients souffrant de maladie chronique. Un doublement d’incidence des maladies chroniques est attendu d’ici vingt ans en raison de l’augmentation de la longévité. On peut donc estimer que leur prise en charge médicale requerra des solutions nouvelles, adaptées à l’accroissement de la demande de soins de la part des citoyens. En particulier, ces maladies chroniques, dont l’évolution est parfois émaillée d’accidents aigus, nécessitent une prise en charge médicale prolongée et fréquente pendant plusieurs années voire durant toute la vie. Il en va de même pour les patients souffrant de handicap moteur ou mental, de douleurs chroniques ou justifiant de soins palliatifs.

Dans ce rapport, l’Académie des technologies indique les progrès médicaux apportés par le développement de la médecine ambulatoire, dans notre système de santé, repère les principaux freins à lever et incitateurs à encourager et émet des recommandations destinées à favoriser le développement de la médecine ambulatoire en particulier pour des patients âgés souffrant de maladies cardiovasculaires ou cancéreuses, avec le souci d’optimiser la gestion des coûts de santé.

L’analyse détaillée des dimensions sociétales, médicales, technologiques et économiques de la médecine ambulatoire a conduit aux principales conclusions suivantes.

La médecine ambulatoire est un système complexe, évolutif et modulaire. Elle met en jeu de nombreux acteurs de nature très diverse, qui interagissent entre eux (patients, médecins, personnels infirmiers et paramédicaux...) et doivent assurer de manière coordonnée les fonctions diversifiées du système. Par ailleurs, celui-ci est fortement soumis à des flux d’informations qui transitent entre les nombreux intervenants. Il doit donc être étudié à l’aide des méthodes d’analyse des systèmes complexes, en particulier celui de l’information, bien connues des ingénieurs. Ce système d’information joue un rôle structurant fondamental et les connaissances le concernant rendent maintenant possible la mise en place de cette approche pour la médecine ambulatoire.

Au centre de ce système de santé apparaissent le patient et le médecin traitant. Ceci est une des originalités de cette approche novatrice. Elle induit des facteurs très forts en termes de droit et de formation :

- de droit, afin de préciser clairement les responsabilités de chacun, notamment du médecin traitant, qui définit le protocole à mettre en place et assure les relations entre les acteurs ;
- de formation de tous les intervenants, en particulier les médecins généralistes qui doivent acquérir l’ensemble des compétences associées à ces nouvelles responsabilités et le patient lui-même (et son entourage).

Il est apparu, enfin, que les aspects économiques induits étaient d’une importance considérable pour l’économie de la santé :

- par une adaptation des coûts, notamment au regard des besoins croissants de santé liésà l’accroissement de la durée de vie ;
- par l’émergence et le développement d’un secteur économique très important et à très forte valeur ajoutée, tant au niveau des prestations de la médecine ambulatoire que des développeurs et fournisseurs de technologies, de solutions intégrées et/ou de services.

Cette analyse privilégie une vision à long terme du développement de la médecine ambulatoire. Elle offre une chance unique d’une réforme en profondeur de notre système de santé et a conduit l’Académie des technologies à émettre cinq recommandations.

1. Développer en France et en Europe un effort important de recherche scientifique et technologique consacré à la médecine ambulatoire.

2. Mettre en place des formations à la médecine ambulatoire, notamment dans le cycle des études des médecins généralistes.

3. Assurer une information adaptée à l’intention des patients et de leur entourage.

4. Favoriser l’émergence d’un secteur économique de la médecine ambulatoire, fortement créateur d’emplois et de valeur ajoutée.

5. Mettre en place très rapidement des expérimentations pilotes, seules capables d’assurer un déploiement optimal de ces politiques.


La médecine ambulatoire représente une solution innovante, et probablement incontournable, aux problématiques de santé que posent désormais la part croissante des maladies chroniques et l’allongement de la durée de vie. Seules des mesures fortes permettront de développer les compétences nécessaires et de démontrer, par l’exemple, l’apport de cette approche. De telles mesures incitatives doivent être mises en place et représentent, pour la France, à la fois une nécessité et une chance pour l’émergence d’un marché mondial encore mal appréhendé

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