Rapports d'activité

Rapport d'activité 2017

Bravo Cd P

2017, une année charnière pour l’Académie
Entretien avec Alain Bravo, président de l’Académie des technologies


Quelles sont les principales actions que vous avez menées en 2017 ? Quel bilan faites-vous de cette année ?

L’année 2017 a été fructueuse et intense au niveau des travaux des commissions, avec la poursuite des réflexions sur les interactions entre société et technologies autour de trois axes : industrie du futur, formation et intelligence artificielle.
Concernant nos relations avec nos principaux partenaires, nous avons renforcé nos liens avec l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, avec l’Académie des sciences, l’Académie nationale de médecine et l’Académie d’agriculture de France. Nous avons également signé une convention de partenariat avec France Stratégie pour travailler sur un certain nombre de thèmes de réflexion communs : en particulier, l'intelligence artificielle, sujet d'un rapport à paraître, la transition énergétique, le climat, l'emploi.
Nous développons nos liens avec les entreprises, notamment lors des visites techniques en régions, des rencontres-débat ou des séances thématiques mensuelles.
Enfin, nous avons contribué à plusieurs rapports élaborés dans le cadre du mécanisme européen de conseil scientifique, qui a mis en place en 2017 le projet SAPEA (Science Advice for Policy by European Academies). SAPEA est animé par cinq réseaux académiques européens, parmi lesquels Euro-CASE, dont l’Académie assure le secrétariat général.

L’Académie se mobilise fortement sur l’industrie du futur et la formation professionnelle, avec plusieurs rapports – publiés cette année ou en cours de rédaction — sur ce thème. Êtes-vous entendus des pouvoirs publics ?

L’Académie a pris l’initiative d’adresser en juin une lettre au président de la République, où elle fait état de ses prises de position sur un certain nombre d’enjeux de société. Parmi ces thèmes, la formation a eu la plus forte résonnance auprès des cabinets de l’Élysée et Matignon, ainsi qu’auprès de notre ministre de tutelle, Frédérique Vidal. L’Académie cible ses recommandations sur deux enjeux principaux : la formation professionnelle et la formation tout au long de la vie. Beaucoup reste à faire pour favoriser l’orientation positive des jeunes vers l’enseignement professionnel et l’apprentissage. La formation tout au long de la vie est sans doute le domaine qui va connaître le plus d’avancées significatives, avec la diffusion des EdTech qui ouvrent la perspective de formations en ligne personnalisées. L’investissement dans ces nouvelles technologies doit être à la hauteur des défis lancés par l’industrie du futur et, plus largement, par l’économie du futur.

L’Académie a organisé sa première convention annuelle, sur le thème de l’innovation dans le secteur agroalimentaire. À cette occasion ont été remis trois prix à des start-up et PME. Cet événement a-t-il répondu à vos attentes ?

Avec cette première édition, qui a réuni plus de trois cents participants, nous avons atteint notre objectif prioritaire qui était de rassembler toutes les parties prenantes du secteur agroalimentaire, y compris le Gouvernement. L’Académie soutient l’entrepreneuriat industriel, c’est pourquoi nous avons décidé lors de chaque convention de remettre des prix à des start-up et PME innovantes. En 2018, la convention sera consacrée au bâtiment, autre filière industrielle majeure pour l’économie de notre pays, qui doit gérer des ruptures technologiques très importantes vers une transition énergétique et écologique. Depuis sa création, l’Académie est partenaire de prix —Irène Joliot-Curie, Jean Jerphagnon, Marius Lavet, Roberval … — qui promeuvent les technologies. La création des Grands Prix de l’Académie des technologies est la clé de voûte de cette politique de valorisation des innovations, qui est l’une de nos missions.

Votre prédécesseur, Alain Bugat, avait créé un comité chargé de réfléchir au futur de l’Académie à l’horizon 2025. Ce comité a rendu ses conclusions en juillet. Quelles sont les priorités pour l’Académie ? 

Après 10 ans d’existence en tant qu’établissement public, clarifier nos priorités et notre stratégie à l’horizon 2025 était ressenti comme nécessaire. D’où la mise en place, fin 2015, d’un groupe ad hoc, piloté par Pascal Viginier, et chargé de réfléchir aux orientations stratégiques de l’Académie pour les dix prochaines années. Après une série d’auditions en 2016, ce groupe a rendu des premières orientations qui ont été débattues lors de quatre séances ouvertes à tous les académiciens lors du premier semestre 2017.
La stratégie de l’Académie est donc l’aboutissement d’un processus ouvert, collectif, et qui s’est inscrit dans le temps long de la réflexion. Cinq objectifs stratégiques ont été identifiés (voir p.), qui confirment l’adhésion de l’Académie à ses fondamentaux : développer nos relations avec l’éducation, le monde économique — le projet de créer une Maison nationale des technologies pour le progrès et l’innovation participe de cet objectif —, développer nos coopérations en Europe et à l’international, doubler notre écosystème d’experts et nos ressources grâce au financement de projets.

À l’issue d’une année de présidence, vous avez choisi d’écourter votre mandat pour vous consacrer à une seule et unique mission : la création d’une Maison des technologies avec l’ANRT. Est-ce un signal fort en faveur des technologies que vous souhaitez adresser aux politiques ? 

Le projet de création d’une Maison nationale des technologies, que nous portons avec l’Association nationale de la recherche et de la technologie, part du constat qu’il manque, nous semble-t-il, en France, une vitrine des technologies et de leur contribution à l’innovation, à l’économie et au bien-vivre de nos concitoyens. Ce doit être également un lieu où les acteurs socio-économiques puissent débattre, faire des recommandations aux politiques, nouer des partenariats… Il existe déjà plusieurs structures de ce type en Europe — à Berlin, Londres, Stockholm… La création, à Paris, d’une Maison des technologies pour le progrès et l’innovation, serait certainement un « geste » politique, signe d’une prise de conscience de ce que les nouvelles technologies, au travers de leurs apports aux transitions en cours – numérique, écologique, énergétique, climatique…— sont un enjeu national.

Bruno Jarry, vice-président en 2017, a été élu président pour l’année 2018. Quels messages souhaiteriez-vous lui adresser ?

L’Académie des technologies est, en France, l’Académie du 21e siècle. Nous avons, comme le rappelle notre devise, la responsabilité d’éclairer le chemin vers « un progrès raisonné, choisi, partagé ». Je sais que Bruno Jarry — pour reprendre la fameuse doctrine du Cadre noir de Saumur — continuera à avancer sur ce chemin, « calme, en avant, et droit ».

Temps forts 2017

JANVIER

Prix Co2 I Stock 599903354

• Avis et rapport Quel prix de référence du CO2 ?
• Communication Le pétrole : quelles réserves, quelles productions et à quels prix ?
• Débat (Re)construire les parcours de formation professionnelle au plus près des besoins des entreprises - en partenariat avec la Fabrique de l’industrie.

FÉVRIER

Auditions de membres de l’Académie des technologies par l’Opecst : les enjeux de la recherche en énergie ; l’exposition de la population aux émissions électromagnétiques des compteurs communicants.

MARS

1937 – 2037 : un siècle d’émergences technologiques
Pour les 80 ans du Palais de la découverte, une soirée-panorama des innovations technologiques marquantes pour répondre aux besoins essentiels de l’humanité.

AVRIL

Les technologies et le changement climatique : des solutions pour l’atténuation et l’adaptation : publication d’un addendum sur les technologies qui vont contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et à l’adaptation de nos économies.

MAI

Cybersecurite I Stock 480288900 (2)

Séance académique sur la cybersécurité en France.

JUIN

• La communauté scientifique face au renseignement, colloque organisé en partenariat avec l’Académie du renseignement.
• Neuf propositions au Gouvernement sur des enjeux stratégiques ciblés et des atouts français.

JUILLET

• Approche des processus fondamentaux de l’apprentissage (Rapport)
• Modifier la réglementation thermique des bâtiments neufs afin de baisser les émissions de gaz à effet de serre au moindre coût (Avis)
• Une stratégie robotique pour réindustrialiser la France (Avis)

SEPTEMBRE

Signature d’une convention de partenariat avec France Stratégie.

OCTOBRE

• Séminaire annuel consacré aux Technologies et territoires d’innovation.
• Robotique et santé mentale, colloque consacré aux opportunités et risques de l’utilisation des robots comme auxiliaires thérapeutiques, organisé avec l’université Paris Diderot-Paris 7 et l’institut pour l’étude de la relation homme robot.

NOVEMBRE

Bravo Vidal Medaille

• L’industrie du futur : du système technique 4.0 au système social (Rapport)
L’industrie du futur passe par une adaptation radicale des entreprises et un effort accru en matière de formation professionnelle.
• 1ère convention annuelle de l'Académie des technologies, consacrée à l’innovation dans le secteur agroalimentaire, cérémonie de remise de prix à des start-up et PME innovantes.

DÉCEMBRE

• Stratégie nationale de santé 2018 – 2022 : proposition au Gouvernement d’un programme pour préserver une industrie nationale de santé compétitive.
• Recommandations pour développer et valoriser la formation professionnelle initiale et continue (Rapport)
• Élection de douze nouveaux académiciens.

Télécharger le rapport d'activité 2017 de l'Académie des technologies.