Presse

Sondage Ifop pour l’Académie des technologies : Le niveau d’inquiétude des Français vis-à-vis des technologies s’envole, leur défiance aussi

Communiqué de presse Académie des technologies Paris, le 10 décembre 2020

Sondage Ifop pour l’Académie des technologies :

Le niveau d’inquiétude des Français vis-à-vis des technologies s’envole, leur défiance aussi

Compteurs Linky, reconnaissance faciale, Intelligence Artificielle, 5G… : les controverses sur les risques liés au développement de certaines technologies se sont récemment multipliées. Pour la troisième année consécutive, l’Académie des technologies a cherché à comprendre et analyser la perception des Françaises et Français, et son évolution, à l’égard des nouvelles technologies. Ce baromètre annuel réalisé par l’Ifop montre que les technologies constituent une source croissante d’inquiétude. Les Françaises et Français sont désormais une majorité (56%) à se dire inquiets à ce sujet (+ 15 points par rapport à l’an dernier). Par ailleurs, ils sont nettement moins nombreux qu’il y a une dizaine d’années à reconnaître leur impact positif sur le quotidien : 45% pour la santé (-25 points), 25% pour l’alimentation (-21 points) et 21% pour l’environnement (-28 points). Malgré ces inquiétudes, 61% estiment que le progrès technologique reste synonyme de progrès pour l’humanité et 75% se déclarent majoritairement intéressés par les nouvelles technologies. Le sondage révèle le sentiment d’un fort déficit d’information sur ces sujets. Seulement 33% estiment être suffisamment bien informés, un chiffre inchangé depuis 2001. Plus de trois quarts souhaitent être plus impliqués dans les décisions sur des technologies controversées (77%) et estiment que le gouvernement n’informe pas suffisamment de leurs conséquences (75%). Les résultats mettent également en lumière le nombre limité d’institutions et de personnes suffisamment crédibles pour combler leurs attentes. Ainsi, seuls les scientifiques et les journaux scientifiques ont la confiance d’une majorité de Français et Françaises, loin devant les représentants du gouvernement. Enfin, la France, à l’image de l’Europe, est loin d’apparaître en pointe en matière de recherche scientifique et technologique.

Chiffres clés :

•       56% des Françaises et Français sont inquiets vis à vis des nouvelles technologies (+15 points par rapport à 2019, +18 par rapport à 2018)

•       La perception d’un impact positif des technologies décline, particulièrement vis-à-vis de la santé (45%,

- 25 points), des loisirs numériques (35%, - 30 points), de l'alimentation (25%, - 21 points) ou de l'environnement (21%, - 28 points).

•       61% associent progrès technologique et progrès pour l’humanité

•       75% sont attirés par les nouvelles technologies

•       59% pensent qu’Internet améliorera la qualité de la vie

•       Les produits « comportant une innovation technologique » suscitent une attirance en forte hausse :

+16 points par rapport à 2003, 55% de la population.

•       La France et l’Europe sont vues comme distancées en matière de recherche scientifique et technologique (seuls 21% citent un pays européen), alors que 61% d’entre eux la jugent importante pour le niveau de la compétitivité de la France (71% pour les partisans de la 5G contre 46% pour les opposants)

•       Les compétiteurs technologiques les plus inquiétants sont asiatiques pour les ouvriers (51%), et étasuniens pour les cadres (39%)

•       58% des Françaises et Français estiment être mal informés des sujets technologiques (33% se déclarent bien informés)

•       77% souhaitent être plus impliqués dans les décisions portant sur les technologies controversées

•       75% souhaitent être plus informés par le gouvernement sur les conséquences de la technologie

•       Les scientifiques et journalistes spécialisés sont les seuls jugés crédibles pour informer pour plus des deux tiers, contre moins d’un tiers pour les représentants du gouvernement.

Des inquiétudes de plus en plus prégnantes…
Les technologies constituent une source d’anxiété de plus en plus grande puisque les Françaises et Français sont désormais une majorité à se dire inquiets à ce sujet (56%). Cela représente une forte hausse par rapport aux études menées par l’Académie des technologies en 2108 et 2019 (+ 15 et +18 points). Une rupture dans les générations avec « seulement » 44% des 18 -24 ans inquiets contre 59% des 35-64 ans. L’effet de génération souvent associé aux nouvelles technologies se confirme donc. Les femmes sont également plus inquiètes que les hommes (60% contre 52%).

 

Les Françaises et Français sont également de moins en moins nombreux(ses) à reconnaître les bienfaits des avancées technologiques dans divers aspects de la vie quotidienne. En une dizaine d’années, la perception d’un impact positif chute pour la santé (45%, - 25 points), les loisirs numériques (35%, - 30 points), l'alimentation (25%, - 21 points) ou l'environnement (21%, - 28 points).

… qui ne remettent pas en question les progrès apportés par la science et technologie
Une majorité de Françaises et Français (58%) estiment cependant que « les bienfaits de la science sont plus importants que les effets nuisibles qu’elle peut avoir » (+8 points) et 61% pensent que « le progrès technologique est synonyme de progrès pour l’humanité » (-5 points).

… et qui n’empêchent pas une attirance croissante pour les nouvelles technologies.
Si les inquiétudes s’accroissent, l’attirance pour les technologies et les produits technologiques ne faiblit pas, bien au contraire. L’attrait pour « les produits comportant une innovation technologique » a cru de manière conséquente ces dernières années (+16 points depuis 2003) au point d’être désormais majoritaire (55%) dans la population. Il faut cependant noter que cette affirmation est particulièrement prégnante chez les cadres et professions intellectuelles supérieures qui sont plus de 66 % à se dire « attirés » par les produits comportant une innovation technologique contre 47 % pour les ouvriers et employés.

Il existe, encore une fois, une différence assez nette entre les sexes : seulement 48% des femmes sont attirées par des objets innovant technologiquement contre 63% des hommes, et entre les générations (63% pour les 18-24 ans contre 52 pour les 35-49 ans). Les partisans de la 5G sont également les plus attirés par ces objets. 

Cet attrait va de pair avec un goût prononcé pour les nouvelles technologies de l’information et de la communication si l’on en juge par exemple par le nombre croissant de Françaises et Français partageant l’idée selon laquelle « Internet améliorera la qualité de la vie » (59%, + 9 points). Et dans une écrasante majorité, les Françaises et Français (75%) sont intéressés par la technologie. 

L’innovation, un enjeu de compétitivité dans laquelle l’Europe est loin d’être en pointe
Si les Françaises et Français sont partagés entre attirance et inquiétude à l’égard des nouvelles technologies, ils reconnaissent majoritairement (à 61%) que la R&D est importante dans le niveau de compétitivité de l’économie, mais ce moins largement qu’en 2001 (-21 points). Les positions sont différenciées entre les partisans de la 5G qui sont 71% (contre 46% de ses opposants) à estimer que « ce n’est qu’en utilisant les technologies les plus avancées que notre économie peut devenir plus compétitive ».

Or, en matière de niveau de la recherche scientifique et technologique, les USA et les pays asiatiques sont perçus comme en pointe avec respectivement 31% et 43% des voix. Seuls 21% des Françaises et Français citent un grand pays européen parmi les pays les plus en avance. La France, avec 9%, arrive devant l’Allemagne (7%). Il est intéressant de relever que l’avance asiatique est particulièrement ressentie dans les catégories moins favorisées : 51% chez les ouvriers et employés, contre 34% chez les cadres. Ces derniers perçoivent surtout l’avancée de pays occidentaux comme les États-Unis (39%), la perception du « danger » technologique des pays étrangers étant probablement liée au type d’emplois menacés (production en Asie, économie de la connaissance aux USA).

Des citoyens en mal d’information et soucieux d’en savoir plus

Inquiets mais attirés, les Françaises et Français demandent davantage d’informations sur les nouvelles technologies.

Le sentiment d’être bien informé sur les questions scientifiques et technologiques est toujours aussi faible (33%, soit la même proportion qu’en 2001). Si 58% de la population se sent mal informée, ce sentiment est surtout prédominant parmi les séniors de plus de 65 ans (63%), les femmes (65%) et les moins diplômés.

 

Les Françaises et Français expriment clairement une volonté de combler ce manque d’information si l’on en juge par la forte proportion d’entre eux qui estiment que le gouvernement n’informe pas suffisamment des conséquences de la technologie (75%). Les femmes et les séniors sont les plus critiques dans ce domaine (81% et 80%).

Par ailleurs, à l’heure où la 5G est déployée en France, plus de trois quarts des Françaises et Français (77 %) souhaiteraient être davantage impliqués dans les décisions portant sur les technologies controversées.

De plus, sur ce point, les résultats mettent en lumière un nombre limité de voix suffisamment crédibles pour combler ces attentes. Seuls les revues scientifiques (73%), les chercheur(se)s et les journalistes spécialisés sur les questions scientifiques et technologiques (66%) ont la confiance de la population. En matière d’informations scientifiques et technologiques, les représentants du gouvernement ne sont jugés crédibles que par 27% des Français et Françaises.

Pour accéder à l’étude complète, cliquez ici.

« Étude Ifop pour l’Académie des technologies réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 15 au 16 octobre 2020 auprès d’un échantillon de 1 018 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans.

A propos de l’Académie des technologies

Fondée en 2000, l’Académie des technologies rassemble 337 académiciennes et académiciens, dont quatre prix Nobel, tous expertes et experts dans leurs domaines respectifs, et issus d’horizons très divers : monde de la recherche industrielle et académique, économistes, sociologues, architectes, médecins… Elle analyse les opportunités et les risques liés aux nouvelles technologies, et s’engage à améliorer l’attractivité des métiers technologiques, en particulier auprès des jeunes et des femmes. L’Académie émet des propositions et des recommandations auprès des pouvoirs publics, des acteurs socio-économiques et des citoyens pour une meilleure exploitation des technologies au service des hommes, en accord avec sa devise : un progrès raisonné, choisi et partagé.

Contact Académie des technologies

Catherine Côme catherine.come@academie-technologies.fr

Contacts presse

Jean-François Kitten jf@licencek.com +33 (0)6 11 29 30 28
Stéphane Laurain s.laurain@licencek.com +33 (0)6 98 58 38 35

Valentine Fricoteaux v.fricoteaux@licencek.com +33 (0)1 88 33 41 07