Avis de l’Académie des technologies approuvé par l’assemblée le 9 septembre 2026
[Extrait]
Le contrôle de la fusion nucléaire pour la production d’électricité est un objectif poursuivi par de très nombreux pays et de très nombreux scientifiques depuis plus de soixante ans, alors même que sa faisabilité technique et économique reste débattue.
Des avancées très importantes ont été acquises, avec par exemple la démonstration de la maitrise d’un plasma stable pendant plus de vingt minutes : la limite temporelle ne tient pas à la maîtrise de la stabilité mais à la capacité des systèmes auxiliaires à entretenir la réaction de fusion, qu’ITER viendra confirmer dans la durée. Les développements consacrés à...
Avis de l’Académie des technologies approuvé par l’assemblée le 9 septembre 2026
[Extrait]
Le contrôle de la fusion nucléaire pour la production d’électricité est un objectif poursuivi par de très nombreux pays et de très nombreux scientifiques depuis plus de soixante ans, alors même que sa faisabilité technique et économique reste débattue.
Des avancées très importantes ont été acquises, avec par exemple la démonstration de la maitrise d’un plasma stable pendant plus de vingt minutes : la limite temporelle ne tient pas à la maîtrise de la stabilité mais à la capacité des systèmes auxiliaires à entretenir la réaction de fusion, qu’ITER viendra confirmer dans la durée. Les développements consacrés à la fusion nucléaire se multiplient avec des budgets fortement croissants, souvent dans le cadre de partenariats public-privés, aux États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Japon, Chine, etc. (voir annexe 2). Ces initiatives visent déjà même pour certaines une commercialisation rapide de centrales de fusion, alors même que certains verrous ne sont pas levés : objectif d’une mise en service en Allemagne d’un démonstrateur électrogène dans les années 2030 et d’une tête de série commerciale dans les années 2040 ; des objectifs commerciaux, encore plus ambitieux voire irréalistes, sont annoncés aux États-Unis.
Dans ce contexte de développements foisonnants, le présent avis ne discute pas le bien-fondé de la poursuite des développements de la fusion nucléaire : ces développements se font et se feront, que la France y participe ou non. Il n’est pas non plus une feuille de route présentant une vision à long terme de la production d’électricité ; l’Académie des technologies a publié en juin 2024 une telle feuille de route « Trajectoire vers un nucléaire durable pour la France » » dont la fusion nucléaire constitue une des options pour le système énergétique futur sans pouvoir prétendre au rang de solution de référence sécurisée au regard des incertitudes technologiques, économiques et calendaires encore importantes.
Cette trajectoire devrait être révisée en fonction des développements de la fusion ; mais les incertitudes sur son calendrier et ses coûts ne permettent pas dans l’immédiat de l’inclure dans des scénarios de mix énergétique.
En revanche, cet avis fait le double constat que :
- Les objectifs commerciaux proches annoncés vont modifier dans l’avenir le modèle actuel de coopération inter-États avec mise en commun des résultats, tel qu’il prévaut pour ITER,
- Ce qui est d’autant plus regrettable que des verrous technologiques importants, qu’ITER n’a pas vocation à lever, existent notamment dans les domaines de la tenue des matériaux à des fluences et températures très élevées (bien au-delà de celles pratiquées par le nucléaire fission), dans la génération et le cycle in situ du tritium, de la récupération de l’énergie thermique. Tant que ces verrous ne sont pas levés, les programmes et projets de fusion en cours échoueront.
[…]
L’espace commentaire