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#Environnement et impacts du changement climatique

Le cycle de l’eau à l’ère anthropocène

Compte rendu de la conférence-débat du 7 octobre 2025

Conférence-débat organisée par Bernard CHEVASSUS-AU-LOUIS, avec Florence HABETS

Bien que nous ne consommions qu’1 % environ des précipitations annuelles, en réalité – même si les estimations sont approximatives -, nos prélèvements représentent 16 % de l’eau réellement disponible, ce qui est loin d’être négligeable. À l’échelle globale, le dernier rapport du GIEC montre que l’Homme détourne l’équivalent de la moitié des débits planétaires, dépassant les limites de soutenabilité de l’eau douce.

Les nappes souterraines également font l’objet d’évolutions temporelles rapides. Malgré des recharges satisfaisantes en 2025, 60 % du territoire était en sécheresse à la fin de l’été, conséquence du changement climatique et de l’augmentation des usages. De fait, l’eau – composante majeure du climat – est très impactéepar le changement climatique : plus l’air est chaud, plus il retient de la vapeur d’eau, intensifiant pluies extrêmes et sécheresses. Dans le futur, on s’attend, en Europe, à une augmentation des durées des sécheresses, un assèchement des climats méditerranéens, une augmentation des précipitations au nord de l’Europe, et un renforcement des épisodes extrêmes. Il est probable qu’en France, le sud du territoire s’assèche et que le nord s’humidifie. Mais les incertitudes restent grandes, notamment en raison de la variabilité naturelle.

Enfin, la qualité de l’eau se dégrade fortement, et la biodiversité aquatique est en chute libre, avec la multiplication des barrages, la pollution croissante aux pesticides, la présence de cyanobactéries…

Face à ce contexte inquiétant qui dépasse le seul problème de l’eau, l’adaptation passe notamment par la sobriété : mieux connaître les besoins essentiels et les prélèvements, prioriser les usages, instaurer des politiques de tarification, créer des subventions pour la réduction de la consommation… Les pistes existent, pour améliorer la situation (renaturation des cours d’eau, agroforesterie, sobriété…). Il est temps de les mettre en oeuvre.

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