Compte rendu de la conférence-débat du 2 septembre 2025
Conférence-débat organisée par Didier ROUX, avec jacques ASCHENBROICH
C’est un phénomène récurrent, notamment en France : une effervescence politico-économico-financière accompagne soudain une innovation émergente. On l’a vu avec les nodules polymétalliques, puis les supraconducteurs, les nanoparticules, et plus récemment l’hydrogène. L’emballement est alors général mais concrètement rien n’aboutit. Pendant ce temps, sur d’autres secteurs qui arrivent à maturité, l’Europe peine à se hisser parmi les leaders mondiaux. Qu’il s’agisse d’intelligence artificielle ou d’intelligence artificielle générative, d’électronique, ou de robotique humanoïde, nous avons pourtant toutes les compétences pour faire émerger des entreprises performantes, néanmoins celles-ci sont encore trop rares.
Sur tous les domaines industriels innovants, deux géants, en réalité, occupent aujourd’hui l’essentiel du terrain : la Chine et les États-Unis. Leur suprématie repose à la fois sur des investissements considérables en recherche et développement, et sur des modes de financement combinant des ressources publiques, mais aussi des capitaux privés capables de soutenir les entreprises sur le long terme.
Comment l’Europe peut-elle résister, et réussir à exister entre ces deux géants ? Nous disposons d’atouts majeurs, notamment dans le secteur automobile, où plusieurs groupes extrêmement puissants affichent une capacité technologique de développement remarquable. Pourtant, ces acteurs risquent d’être fragilisés par une règlementation excessive : la réduction des émissions de CO2 ne saurait passer uniquement par un modèle fondé sur le « tout électrique ».
Sans doute faut-il repenser nos stratégies d’investissement en R&D et nos modes de financement, mais également assouplir des normes trop rigides. Sans remettre en cause l’urgence climatique, il convient notamment de réévaluer des dépenses disproportionnées consacrées à la réduction des émissions de CO2, si l’Europe veut demeurer compétitive et éviter d’être tenue à l’écart de la course à l’innovation.
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