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Emily TUBBS

  • Chercheuse
  • CEA
  • 38 ans
  • Parrainée par Xavier GIDROL en 2026

Pourquoi la tech ?

La tech et la biologie permettent de développer des outils pour mieux soigner et mieux comprendre les pathologies. J’espère pouvoir aider un peu les patients à ma manière.

Votre parcours ?

Suite à un master Biosciences à l’ENS de Lyon, j’ai effectué une thèse à l’Université Claude Bernard Lyon I sur le diabète de type II. Pour mon post-doctorat, je suis partie en Suède, au Centre de Recherche Clinique de Malmö pour travailler sur l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques et le repositionnement de médicaments pour le traitement du diabète. Par la suite, j’ai rejoint l’Université Grenoble Alpes pour travailler notamment sur un projet européen visant à développer un pancréas bio-artificiel fondé sur l’encapsulation d’îlots pancréatiques. Par la suite, j’ai intégré le CEA Grenoble comme chercheuse, pour travailler sur des organoïdes d’îlots pancréatiques dans une perspective de médecine personnalisée pour le diabète de type 1.

Votre première expérience professionnelle dans la tech ?

Ma première expérience dans la tech a été sur le projet d’encapsulation d’îlots pancréatiques, un projet en collaboration avec de nombreux partenaires européens. Dès lors, j’ai réalisé que l’assemblage de la technologie et la biologie permet de surpasser les développements individuels de chacune des spécialités. La technologie est ainsi mise au profit des avancements en biologie et en recherche médicale, permettant le développement de modèle humains plus pertinents.

Que faites-vous aujourd’hui et pourquoi ?

Je travaille comme chercheur au CEA de Grenoble/BIOMICS, sur des organoïdes d’îlots pancréatiques dans une perspective de médecine personnalisée pour le diabète de type 1.

Ces travaux sont menés en étroite collaboration avec le CEA-Leti. Grace aux technologies développées avec le Leti, en particulier en microfluidique, on emmène nos modèles biologiques encore plus loin, avec une vision d’application en médecine personnalisée pour les patients diabétiques (suivi de greffe d’îlots du pancréas, tester des nouveaux médicaments, comprendre l’apparition de la maladie, etc.).

Vos atouts pour ce poste ?

Mes connaissances en physiopathologie du diabète, mon goût pour le travail d’équipe multidisciplinaire et mon adaptabilité.

Vos défis passés, vos ratés, vos grands moments de solitude ?

Le modèle d’organoïde ou d’organe-sur-puce développé est relativement complexe, il faut coordonner tous les aspects : les échantillons biologiques humains, la tech, le suivi. Dans ces petits dispositifs technologies, un grain de sable dans les rouages, ou plutôt une bulle d’air peut mettre à mal notre expérience. C’est un challenge qui se joue en équipe avec tous les collaborateurs du domaine.

Vos meilleurs moments, les succès dont vous êtes fière ?

Ma soutenance de thèse qui représentait la consécration de mes études. Je crois que c’est là que je suis devenue chercheuse grâce aux interactions avec mes paires qui me demandaient mon avis sur mon sujet. J’ai adoré partager ce moment avec ma famille et mes amis qui m’ont toujours soutenu.

Des personnes qui vous ont aidée/marquée ou au contraire rendu la vie difficile ?

Deux rencontres marquantes : mon professeur de licence Paul Bland de l’Université de Göteborg pour m’avoir aidé à développer un esprit critique avec une technique d’apprentissage « Problem-based learning », un véritable déclic pour moi.

Mon mentor et maintenant mon parrain à l’Académie : Xavier Gidrol pour m’avoir partagé sa vision et sa passion. Les rencontres sont essentielles dans ce métier, bien s’entourer, travailler avec des gens qu’on apprécie est une chance.

Vos envies et défis à venir ?

Emmener notre modèle d’organoïdes-sur-puce encore plus loin, pour essayer de reproduire ce qui se passe chez les patients, pour comprendre et anticiper les phénomènes biologiques. Peut-être qu’à l’avenir, on prescrira aux patients non seulement une analyse de sang, mais aussi un test sur puce (organe ou organoïde) pour aider les cliniciens à établir leur diagnostic, leur théranostic et leur pronostic.

Et que faites-vous en dehors de votre travail ?

Je passe beaucoup de temps ‘au travail’, car c’est véritablement un métier passion !

Je profite de mes proches, et je pratique du sport de montagne (randonnée, trail et ski).

Vos héroïnes (héros) de fiction, ou dans l’histoire ?

Histoire : Marie Curie pour ses découvertes,

Fiction : June Osborne, personnage principal de Margaret Awtood, pour sa détermination.

Votre devise favorite ?

Se préparer à l’imprévu.

Un livre à emporter sur une île déserte ?

Un livre de botanique pour apprendre à reconnaître les plantes sauvages comestibles.

Un message ou un conseil aux jeunes femmes ?

Faites-vous confiance, suivez votre instinct !

LE QUESTIONNAIRE
DU CHATELET

Le questionnaire auquel répondent les Femmes de tech est une variante du questionnaire de Proust, ainsi nommé non pas parce que Marcel Proust se serait égaré dans le métro parisien, mais en mémoire d’Emilie du Chatelet, femme de lettres, mathématicienne et physicienne, renommée pour sa traduction des Principia Mathematica de Newton et la diffusion de l’œuvre physique de Leibniz. Elle fût membre de l’Académie des sciences de l’Institut de Bologne. Emilie du Chatelet mena au siècle des Lumières une vie libre et accomplie et publia un discours sur le bonheur.

Emilie Du Chatelet

Femme de lettre, mathématicienne, physicienne

1706 - 1749