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« Main d’œuvre et formation dans le bâtiment, face aux enjeux de la rénovation énergétique » , un nouveau rapport de l’Académie des technologies

Communiqué de presse - Paris, le 21 septembre 2026

À l’occasion du salon Batimat 2026[i], l’Académie des technologies présentera en avant-première son nouveau rapport consacré aux questions  de main-d’œuvre et de formation dans le secteur du bâtiment, face aux enjeux de la rénovation énergétique. Face à l’ampleur de ces enjeux, l’Académie alerte sur les fragilités de la filière bâtiment et formule dix recommandations en deux volets complémentaires : professionnalisation de la filière et revalorisation de l’enseignement professionnel.

 

Les défis de la SNBC (Stratégie nationale bas-carbone) dans le bâtiment

Le bâtiment occupe une place centrale dans la transition écologique. La Stratégie nationale bas-carbone prévoit de réduire de 62 % les émissions de gaz à effet de serre du secteur entre 2015 et

2030 et d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Pour y parvenir, la France devrait porter le rythme des rénovations énergétiques entre 550 000 et
600 000 logements par an (et davantage encore après 2030) et avoir pourvu 635 000 postes entre 2019 et 2030, dont 170 000 à 250 000 emplois supplémentaires dédiés à la rénovation énergétique.

L’atteinte de ces chiffres suppose (au-delà des aides au financement et d’un soutien à la demande qui ne sont pas l’objet de ce rapport) une transformation profonde de la filière, en termes d’attractivité, de professionnalisation et d’enseignement professionnel.

 

Une filière confrontée à quatre difficultés majeures

Le rapport met en évidence quatre fragilités qui freinent aujourd’hui la transformation de la filière

La première concerne l’attractivité des métiers. Malgré des besoins croissants de recrutement, le secteur peine encore à attirer suffisamment de jeunes (notamment de jeunes filles) et à renouveler ses effectifs.

La deuxième porte sur la qualité des réalisations. La rénovation énergétique mobilise de nombreux corps de métier dont les interventions doivent être étroitement coordonnées. Or les malfaçons, reprises ou surcoûts liés à un défaut de coordination entre corps d’état restent fréquents et peuvent compromettre les performances recherchées.

La troisième concerne les limites d’un cadre réglementaire qui peine encore à accompagner pleinement les exigences de la rénovation énergétique performante.

Enfin, l’Académie dénonce la dévalorisation (et pas seulement dans le bâtiment) de l’enseignement professionnel, encore trop souvent perçu comme une filière de relégation.

 

La rénovation énergétique : un projet environnemental et économique, mais aussi social

L’une des originalités du rapport est d’aborder la rénovation énergétique à travers les questions de compétences, d’organisation de la filière et de formation professionnelle.

Pour l’Académie, atteindre les objectifs écologiques fixés au secteur implique de renforcer la qualification des professionnels, de développer la formation continue, d’améliorer la coordination entre les acteurs et de poursuivre la professionnalisation des entreprises.

Au-delà des enjeux environnementaux, le rapport souligne que la rénovation énergétique peut devenir une opportunité d’emploi et de promotion sociale, à condition que la filière soit profondément transformée. Les besoins considérables de main-d’œuvre liés à la rénovation du parc bâti peuvent en effet permettre de créer des parcours d’insertion, de qualification et d’évolution professionnelle pour les jeunes, les publics fragiles et les travailleurs en reconversion.

L’Académie des technologies insiste également sur la nécessité de revaloriser l’enseignement professionnel. Il s’agit ici de mieux valoriser des parcours susceptibles de favoriser l’insertion professionnelle et de contribuer à réduire certaines inégalités sociales et territoriales.

 

Dix recommandations pour accompagner la transformation du secteur

Pour répondre à l’ampleur des défis identifiés, l’Académie des technologies formule dix recommandations articulées autour de deux axes complémentaires : la professionnalisation de la filière bâtiment et la revalorisation de l’enseignement professionnel. Ces propositions visent à agir sur l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la création et la qualification des entreprises jusqu’à la formation des futurs professionnels.

Parmi les mesures préconisées figurent notamment l’obligation d’une qualification professionnelle pour créer ou reprendre une entreprise du bâtiment, la mise en place d’une véritable réglementation « RE Rénovation » intégrant des obligations de résultats mesurés, ainsi que le développement de nouvelles formes d’organisation favorisant la coordination entre corps d’état. Le rapport recommande également de soutenir davantage l’innovation et la recherche dans un secteur qui y consacre encore peu de moyens, tout en renforçant les dispositifs de formation continue et de montée en qualification.

L’Académie appelle enfin à une meilleure articulation entre les besoins de la transition écologique et les politiques de formation, afin de doter durablement la filière des compétences et des capacités d’organisation nécessaires à l’accélération des rénovations énergétiques. Plus généralement, elle appelle à une revalorisation de l’enseignement professionnel, à une meilleure information des familles sur cet enseignement, à une valorisation dès le primaire/collège du travail et des métiers manuels. Elle recommande de placer les formations aux métiers du bâtiment sous la tutelle des ministères en charge de l’environnement, de la ville et du logement.

 

[i] Présentation du rapport en avant-première à Batimat 2026

Table ronde : « Rénovation énergétique : quelles transformations de la filière et quelles  compétences pour tenir les objectifs de 2030 et au-delà ? »

Lundi 28 septembre 2026, de 12h15 à 13h15

Agora 1 (Hall 1) – Salon Batimat 2026

À l’occasion de cette table ronde, l’Académie des technologies présentera  les principaux enseignements de son rapport consacré aux enjeux de main-d’œuvre et de formation dans le bâtiment. Les échanges porteront notamment sur des questions centrales pour la réussite de la transition énergétique : comment bien mesurer et planifier les besoins de compétences et former jusqu’à 250 000 professionnels supplémentaires tout en garantissant la qualité des rénovations ?

La table ronde, animée par Marjolaine Meynier-Millefert, présidente de l’Alliance HQE, réunira :

  • Pierre Vidailhet, académicien , co-auteur du rapport  « Main d’œuvre et formation dans le bâtiment, face aux enjeux de la rénovation énergétique ».
  • Dominique Naert, directeur de programmes à ENPC-IPP
  • Joseph Ajjar- Secrétariat Général à la Planifcation Ecologique
  • Gaëtan Cherix – Directeur de la Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale

Contact presse

Natacha Oliveira
natacha.oliveira@academie-technologies.fr
07 88 57 02 70