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Retour sur le séminaire 2026 de l’Académie des technologies avec les jeunes

L’Académie des technologies donne la parole aux jeunes pour repenser sciences et technologies à travers l’art, la nature et le collectif !

Du 11 au 13 septembre 2026, 35 jeunes et dix membres de l’Académie des technologies se sont réunis au Campus de la Transition pour une nouvelle édition du programme « Académie des technologies avec les jeunes ». Pendant plusieurs mois de préparation puis lors d’un week-end d’échanges, ils ont exploré ensemble la question : comment repenser les sciences et les technologies à travers l’art, la nature et le collectif ?

 
Face aux bouleversements environnementaux, sociaux et technologiques qui traversent nos sociétés, les participants ont choisi d’interroger les visions du progrès, les imaginaires collectifs, notre rapport au vivant, les formes de gouvernance et les conditions de partage des savoirs.

Leurs réflexions ont donné lieu à un document collectif et à une production audiovisuelle qui témoignent d’une forte conviction : les technologies ne prennent sens qu’à travers les finalités et valeurs humaines, sociales et environnementales qu’elles servent.

 

Les thématiques de travail

Progrès — Partagé et soutenable

Le progrès technique n’est pas nécessairement un progrès pour la société. L’innovation ne doit pas être une fin en soi, mais répondre à des besoins collectivement définis. Quatre critères permettent d’en juger : sobriété, soutenabilité, utilité sociale et désirabilité. Dans un monde aux ressources finies, il faut dépasser la recherche de performance et de rentabilité immédiate, anticiper les conséquences des innovations et accepter parfois d’y renoncer. Le progrès n’est pas une marche inéluctable vers le mieux, mais une construction collective fondée sur des choix, des arbitrages et la coopération.

 

Arts — Imaginer et réenchanter le monde

L’art et la science partagent une même curiosité, mais explorent le monde par des voies complémentaires : la rigueur et la preuve pour l’une, l’imagination et la sensibilité pour l’autre. L’art rend perceptibles des réalités complexes, stimule l’émerveillement et permet d’imaginer d’autres futurs. Les pratiques participatives rapprochent création, transmission et expérience collective. Face à l’intelligence artificielle, elles interrogent la valeur de l’intention et de la créativité humaines. L’art nous invite à dépasser un monde dominé par le calcul et l’utilité, pour redonner une place à l’émotion, la liberté et l’imagination.

 

Nature — Symbiose et bio-inspiration

L’humain appartient à la nature, qu’il transforme sans toujours en maîtriser les conséquences. Les technologies censées résoudre les crises environnementales peuvent engendrer de nouveaux déséquilibres. Vouloir « réparer la nature » soulève des questions de légitimité, de connaissance et de responsabilité. La sobriété, la proportionnalité des moyens et l’attention aux effets indirects doivent guider les interventions. Les systèmes naturels offrent des modèles d’adaptation et de résilience, sans être parfaits. Plutôt que de chercher à dominer ou corriger la nature, il s’agit d’apprendre à concevoir des technologies compatibles avec le vivant.

 

Collectif — Décider et construire ensemble

Les technologies ne sont jamais neutres : elles traduisent des choix économiques, sociaux et politiques qui concernent tous les citoyens. Leur conception et leur gouvernance doivent donc devenir des processus démocratiques, inclusifs et continus. Cela suppose de développer l’esprit critique, de partager les connaissances, d’associer les citoyens dès la conception et de leur donner un réel pouvoir de décision. L’ouverture des technologies ne suffit pas et exige une régulation des rapports de pouvoir, notamment face aux grandes plateformes. L’enjeu est de passer de technologies imposées à des technologies collectivement choisies, gouvernées et réorientées.

 

Communs — Éducations et cultures partagées du savoir

Les communs associent trois éléments indissociables : une ressource partagée, une communauté et des règles de gouvernance. Ils offrent une alternative aux logiques d’appropriation et d’exploitation, depuis les savoirs jusqu’aux écosystèmes planétaires. Leur préservation exige des sciences décloisonnées, des formes de coopération adaptées aux différentes échelles et une responsabilité envers le vivant et les générations futures. La transmission des connaissances, des pratiques et des expériences est essentielle à leur pérennité. Un commun n’est pas seulement ce que nous partageons : c’est ce dont nous prenons collectivement soin et que nous transmettons.

 

Retrouvez le détail et les références de toutes ces réflexions dans le document issu des groupes de travail.

Lire le document

Les thèmes qui ont émergés du week-end

Le travail collectif, pendant le week-end, a abordé 7 enjeux plus précis et les a développés sous forme d’une production multimédia.

  • La fabrique des futurs désirables : Face aux perspectives inquiétantes du futur, comment construire des récits collectifs porteurs d’espoir ? Imaginer un avenir désirable suppose de donner à chacun les moyens d’exprimer ses aspirations, d’écouter celles des autres et de confronter les imaginaires pour définir ensemble un cap commun.
  • La Terre comme commun de référence : La Terre constitue un bien commun dont la préservation engage toute l’humanité. Mais comment organiser sa gouvernance ? À travers un jeu simulant la gestion collective d’un lac, les tensions entre intérêt individuel, solidarité et préservation des ressources illustrent les difficultés de la coopération à l’échelle planétaire.
  • Où est passé l’esprit critique ? Réseaux sociaux et intelligences artificielles facilitent l’accès à l’information, mais encouragent aussi la consommation passive, les raccourcis et les biais cognitifs. Face à la désinformation, préserver notre capacité à raisonner, à vérifier les sources et à questionner les évidences devient un enjeu essentiel.
  • Changer notre vision des imperfections : Et si l’imperfection était une richesse plutôt qu’un défaut ? L’erreur, l’inattendu et la différence peuvent devenir des sources de découverte, de créativité et d’innovation. À travers plusieurs histoires, cette réflexion invite à remettre en cause notre recherche systématique de perfection et d’optimisation.
  • Comment et avec qui décider du progrès ? Le progrès n’a pas la même signification pour tous. Sa définition, sa mesure et ses conséquences dépendent des valeurs et des intérêts de chacun. Confronter les points de vue et associer les différentes communautés aux décisions permet de questionner démocratiquement les orientations technologiques de notre société.
  • L’humain est-il légitime à réparer la nature ? L’humanité peut-elle prétendre réparer une nature qu’elle a profondément transformée ? Plutôt que de chercher à restaurer un état naturel idéalisé, il faut repenser notre place dans les écosystèmes et envisager un nouveau contrat écosocial, reconnaissant les droits du vivant et nos responsabilités envers lui.
  • Le partage et la coopération face à la complexité des problèmes de l’humanité : Les grands défis contemporains exigent de dépasser les actions individuelles et les logiques de compétition. Les réussites scientifiques collectives montrent la puissance de la coopération, tandis que les difficultés des négociations internationales en révèlent les obstacles. Partager des objectifs ne suffit pas : il faut réussir à agir ensemble.
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Pour reprendre la main sur notre avenir, le défi n’est plus seulement de savoir ce que les sciences et les technologies nous permettent de faire, mais de décider ensemble ce que nous voulons en faire. Cela exige de repenser le progrès, de libérer l’imagination, de respecter le vivant, de partager le pouvoir et de cultiver les communs. Passer du « tout ce qui est possible » au « ce qui est souhaitable » : voilà le véritable changement de perspective.

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Les participantes et participants

Membres de l’académie

Clarisse Angelier – Yves Caristan – Thierry Chevalier – David Chavalarias – Nicolas Demassieux – Serge Fdida – Carlos Moreno – Brigitte Plateau – Régis Réau – Thierry Weil

Jeunes

Antoine Bouvier – Othmann Badaoui – Bastien Balits – Ariadna Gabriela Becerra Hernandez – Raphaël Besnard – Camille Bienaymé – Noé Cabannes Michel – Julien Cauquis – Thaïs Champigny – Anatole Conrad – Sophie Cuvillier – Léa Davy – Lucillien Denoyelle – Richard Faucheron –Erwan Flageul –Nathan Gorce – Romane Jouhier – Rabab Khatib – Yanis Lagha – Gabrielle Mazars de Mazarin – Louis Hébrant – Yann Mehat – Camille Meyniel – Blandine Michaud – Pierre Micoud – Cynthia Morand – Shandy Mutombo – Arthur César Njitchou Nkwa – Clément Pambrun – Cassandra Ramos-Hue – Marvin Ramos-Hue – Amélie Richard – Pome Saint-Bonnet – Lilian Torri – Nicolas Trosino – Constantin Vaillant Tenzer – Thomas Vaubois

 

Le "film"

Avertissement
Ce film est une création artistique issue de la réflexion des jeunes. Pour en savoir plus sur le contexte de sa réalisation, nous vous invitons à consulter les vidéos des cellules de création.

poster video youtube

Les vidéos des cellules de création

Retour en images

Crédit photo : Stéphanie Thine

L’Académie des technologies avec les jeunes 2026

« L’Académie avec les jeunes » est un programme lancé en 2024 où jeunes et académiciens réfléchissent ensemble aux grands enjeux technologiques et sociétaux du futur, afin d’imaginer un avenir durable et inclusif. L’Académie des technologies remercie tous les jeunes pour leur travail collectif et leurs contributions, ainsi que le Campus de la Transition pour son accueil.